L’essentiel est invisible à nos yeux et c’est pour cette raison que les Mirnes s’éloignent des apparences et vouent un culte à l’intériorité. Ils sont comme des insectes paradoxaux qu’effraie la lumière et qui – tendres lucioles – se nourrissent du piaffement incertain des forêts.

Ils fuient comme la peste les chaussures à talon relevées de crème fraîche sur lesquelles pourrissent des cerises potaches. Ils détestent les jambes et le vent sur la peau ; les rythmes endiablés provoquent chez eux des intermittences cardiaques. Ils se méfient des sourires et de toute forme de séduction. Ils rigolent avec une curiosité distante du bruit des  castagnettes.

Ils vivent dans l’obscurité des forêts et leurs yeux sont tels des feux-follets incandescents qui clignotent dans le lointain. Ils célèbrent des sabbats lumineux et chantent des mélopées rituelles. Ils parlent à Hécate et retournent les astéroïdes. Ils ont construit des pyramides aux Asphodèles d’où ils laissent pleuvoir des nocturnes amoureuses.

A l’approche d’un sautillant, ils se dispersent et s’évanouissent comme l’écume des jours. Mais si votre cœur se fait l’écho du silence des sylves, si votre prévenance fait de vos larmes un passe-muraille de l’écoute, si l’obscurité de la nuit entoure votre chevelure d’un halo irisé, alors des rayons de lune jaillissent de leurs yeux et vous enveloppent d’une chrysalide silencieuse, pénètrent votre essence, déconstruisent vos mots, inversent vos respirations, immiscent le flux de votre sang et vous envahissent d’une retenue cosmique.

Alors vous devenez Mirnes, diaphanes, vous traversez les arbres, vous parcourez les mers, les océans et les sirènes susurrent à vos oreilles les plus authentiques déclarations, vos remontez les cascades, vous pénétrez les gouttes de pluie, vous disséquez le prisme solaire, vous parlez aux poissons, vous entendez le vent chanter et dormez pour toujours dans les canopées célestes qui embrassent l’azur.

Commentaires

Ajouter un commentaire