Novembre sur les berges il fait froid il fait seul

Agonise le jour vienne doucement l’heure

Ou ton doux souvenir disparaît et se meurt

Dans le ciel azur qui se mire dans son linceul

 

Les soupirs des canaux glissent vers un ailleurs

Ou la vie entière renaît à ses couleurs

 

Le soleil énorme se noie à l’horizon

S’étiolent les clameurs de ce jour moribond

Déferlent les vents qui émeuvent les roseaux

Et revoient chez eux les ultimes badauds

 

 

 

Décembre sur les berges il fait noir il fait seul

Qu’il relie au ciel ce grand pont suspendu

Les rives des bonheurs perdu et inconnu

Nargue le promeneur fauché comme l’éteule

 

Les écluses rêvent de la lointaine Cythère

Et les chemins de fer aux voyages stellaires

 

Les hérons les canards comparses étonnés

Viennent chercher vivants le calme du Léthé

Et finiraient presque par parler le français

D’avoir tant entendu les chagrins confessés

 

 

 

L’hiver sur les berges qu’il fait pleurs qu’il fait seul

Remonte le canal plus vite que la marée

Tel un lent mascaret qui donne la nausée

Et me dépose là où les hasards le veulent

 

Remonte mon Peri ! Ne reste pas ici

De crainte que ce Styx t’emporte dans sa nuit !

 

Au froid qui reconduit le marcheur étourdi

Les étoiles plongent dans le canal qui luit

Retentissent les cris des oies des perdrix

Signale au promeneur qu’il n’est plus là chez lui 

 

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