D’aussi loin que je me souvienne

Vous survoliez des cimes

Des cimes éclatantes

Idéales

Aux lueurs opalines

Aux matins purifiés

 

Des cimes que vous ne connaissiez pas

Des cimes que vous ne pouviez connaître

Ma douce

Mais des hauteurs que vous imaginiez

Des horizons que vous dessiniez

Des envolées que vous pressentiez

Des ciels que vous étoiliez

Des cimes dont vous rêviez

 

Et dans vos nuits de labeur, de souffrance et de solitude

Oh la la Qu’il y en eut des cimes, qu’il y en eut des rêves !

Partir…

 

Vous étiez le blizzard des sommets immaculés

Le zéphyr des océans oubliés

Le chargui sculptant les dunes

Et les déserts de nos vies pétrifiées

Le hasard des routes infinies

Une myriade de sourires évanouis

 

Vous avez accompli votre tâche

Vous avez relevé les défis

Vous avez incarné un siècle qui vous a vu renaître

Vous étiez la femme d’un temps

La chrysalide imaginale qui annonçait l’imago aérien

Vous étiez le symbole qu’aujourd’hui encore certains voudraient soumettre

L’un de plus beaux vestiges de notre défunte humanité

 

Ma chère Maman, bien plus qu’une mère

Vous étiez le feu dans l’âtre

Un souffle, un hymne, une énergie

Un étendard, un cri, une bohème

Une cavalerie

Une bourrasque qui crucifie et sublime

Toute destinée à sa valeur unique

Vous étiez

L’essence même de l’unicité

L’incendie qui foudroie

Le brasier de la clairvoyance

Le tourbillon qui réhabilite les déraisons

 

Et il était donc écrit vous engendriez la vision

 

D’aussi loin que je me souvienne

Vous survoliez des cimes

 

Et je n’ai qu’à fermer les yeux

Pour vous voir voler

Vous souriez

Flottante comme un pistil exalté

A peine si vous m’entendez

Mon zèbre !

Vous bondissez de nuages en étoiles

D’étoiles en embruns

D’embruns en éclats de rire

D’éclats de rire en espoirs évanescents

 

Vous êtes dans l’air évaporé

Dans le murmure des arbres

Le chant des oiseaux

Le parfum des fleurs

Le soupir des amants

Le silence des poètes

 

Il ne sera plus aisé maintenant

De vous mettre la main au collet

Ma tendre

Ma douce

Ma libre

Enfin !

 

Soyez intransigeante !

Je vous aime

 

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