Souffles tant attendus et torrides

Ouvrez vos horizons profonds

Sur nos soupirs exaltés

Qu’engloutit une chape obscure

Métaphore de nos crépuscules

 

La nuée s’épaissit sépulcrale

Les abysses nous surplombent

Tels des Babels infernales

Et les lueurs que la nuit avale

 S’évanouissent

Sur un monde en sursis

 

Au milieu il y a un corps de dos

Immobile en son divan

Empourpré d’opacité

Mais c’est moi que j’observe

 

Dans la chambre endormie

L’obscurité rebondit

Sur les murs qui ondulent

Alors un visage énorme surgit

Qui porte les affres d’une douleur ancienne

 

Il se jette des milliers de fois

A travers murs et fenêtres

Avec obstination, force et conviction

Alors parfois mon corps fluide et léger

Fonce lui aussi sur les plafonds et les fenêtres

Il adore se lancer contre les armoires

Et traverser le miroir du salon

Il frappe, il frappe, il frappe

Avale les chandeliers

Se glisse sous les planchers

Dévore le balancier de l’horloge

Il hurle, Il hurle, Il hurle

Son rire titille les clochers

Et les églises vacillent aux extrémités

 

 

 

Mes satisfactions surhumaines

Relèvent des grands carnassiers

Des rapaces affamés

J’inocule en une bouffée

Tout le panache des écorchés

 

Et quand le gros visage retrouve son antre

Que les murs ondulent

Je suis toujours surpris

Que les armoires ne soient pas brisées

Que la chambre soit intacte

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