Nous traversons notre temporalité plus ou moins maladroitement nous parant de masques de certitudes – ces assassins en cavale. Ils nous emmurent. C’est tout un carnaval qui se trimballe derrière nos ambitions et nos rues s’emplissent de tintamarres burlesques. C’est toute une cavalcade qui dégouline des murs sanguinolents de nos centres de décision. Des menstruations intarissables irriguent nos avenues. Au milieu du courtil ombragé, un jeune clochard souriait et même riait au tout-venant bercé sans doute d’effluves sensuelles. Ses œillades étaient enfantines et ses caresses oculaires s’entrecoupaient de catalepsies contemplatives. Il fixait je ne sais quel ange, il entendait je ne sais quelle aubade, ses yeux grandioses absorbaient l’océan céleste. Il visitait des songes irisés par le prisme du roucoulement d’une fontaine phallique. Il arpentait les voies lactées de dérision s’amusant au carillon stellaire. Son sourire l’auréolait et dans le même élan l’excluait. Il incarnait dans sa béatitude mutine le miroir dépoli d’une société isolée. Pour ma part, j’écrivais à l’ombre des citronniers qui embrassent la bibliothèque San Peu dans ce qui était autrefois la cour des miracles de Barcelone suspendu aux chants des fauvettes qui s’inspiraient de la mélodie insufflée par ce jeune satellite.

 

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