Vie de poète n’est pas toujours ce que l’on croit

Passent les jours sans parler à qui que ce soit

Rêver de sublimer le monde autour d’un verre

Errer toute la nuit sans le moindre compère

 

Il faut avoir vécu cette unique expérience

D’être emmuré seul plusieurs jours dans le silence

Désirer s’enivrer au plaisir du bon vin

Ne pouvoir se saouler avec un seul copain

 

Dénicher une table orpheline le soir

Rentrer le ventre creux de honte de s’asseoir

Rebrousser lentement chemin les larmes aux yeux

Regarder s’envoler les amants aux cieux

 

Rêver secrètement à tant de belles dames

Etoiles filantes aux  regards creux sans âme

Tendre les mains aux cieux pour implorer le vent

Et se voir à la fois présent mais transparent

 

Avez-vous déjà fait l’expérience ineffable

De passer l’An nouveau sans convives à table ?

Savez-vous ce que c’est d’être né d’une famille

Qui puisque différent peu à peu vous vétille ?

 

Avoir rêvé enfant tant d’histoires d’amour

Se trouver démuni d’en sculpter les contours

Et vivre cette perplexité absolue

Voir de belles âmes éprises de bourrus

 

Gémir se réveiller les nuits le corps en transe

Tâter des mains ne rencontrer qu’un vide immense

Avoir pour uniques compagnons d’épopée

Les étoiles brillantes de la voie lactée

 

Se demander s’il faut finalement se vendre

Ou comme de Nerval en finir et se pendre ?

Elucider cette épouvantable rengaine

A en devenir fou ou alors schizophrène

 

Existe-il encore une âme quelque part

Magnanime à aimer un homme pour son art ?

Tant d’artistes maudits Van Gogh, Rimbaud, Gaudi…

Sans une menotte pour adoucir leur vie

 

Et se trouver finalement plus démuni

Que les petits singes hurleurs d’Amazonie

Amis clochards abandonnés allons en paix

Célébrons l’idéal de la fraternité !

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