Avant que tu ne portes en toi ce précieux fils

Puissent sur le monde tes grands yeux se fermer

Entendre Sibylles Augures Haruspices

Descendre le silence aux lèvres se poser

 

Va donc Immortelle de jour comme de nuit

Va seule à l’endroit que tu connais que tu sais

Observe ton esprit reposer alangui

Retrouve ton souffle le flux du mascaret

 

Perçois la lumière de l’accomplissement

Descende tendrement cette unique alchimie

La magnificence de porter un enfant

Fruit du sacrifice d’une passion meurtrie

 

Va et extirpe-toi de l’Agora stérile

Dirige tes pas vers l’Olympe céleste

Ou vers l’immense Ida aux flocons volatiles

Ne te retourne pas ! Avance Déesse, preste !

 

Que descendent sur toi Immortelle aux bras blancs

Tous les mots ailés de l’Ebranleur de la terre !

Toi la Kadra attique divine Aldébaran

Que jadis l’Assembleur des nuages élut en mère

 

Rejoins sur l’Achéron l’hideux nocher Charon

Le vois-tu maintenant ce chemin serpentant

Entre vallées et champs ces rustiques maisons

Astre prometteur de nos éternels serments ?

 

Expose sur le champ à l’air pur tes entrailles

Sinistres viscères où lisent les Harpies

L’atroce frayeur de tenir ton gouvernail

Les fallacieux propos, cruelles perfidies

 

Toute conviction n’est-elle pas un mensonge

En partie érigé en oracle sacré

Par quelques pèlerins hallucinés de songes

Sur les chemins où ils violent le passé ?

 

Au moment où s’avance Hadès dieu  affamé

Distingues-tu entre les ondées furieuses

La placette étroite et son divin clocher

Où s’était réunie une foule joyeuse ?

 

C’est là à l’épicentre de notre destin

Que se tient le Magnanime aux yeux courroucés

C’est là aux heures claires du jour cimmérien

Qu’attend silencieusement le Piquier ailé

 

Droite tu te tiendras livide et fébrile

Devant l’autel du Porte-Egide lumineux

Phébus jouant de sa lyre aux cordes nubiles

Assombrira les vents de thrènes somptueux

 

Se dévoilera au loin l’Ida éternelle

S’ouvriront sous tes pas les lugubres Erèbes

Tu vomiras toutes les anciennes querelles

Qui ont sauvagement meurtri mon cœur d’éphèbe

 

Le temps fustigera l’atroce accouplement

Viendront les sourires à l’aubade florale

S’élèveront aux Cieux les applaudissements

Témoins épiques du Scamandre infernal

 

Que de riches hécatombes à présenter

Pour enfin t’extirper de ce délitement

Pénible que tu es vouée à endurer

Car les dieux t’ont affligée d’un cœur patient 

 

Les prières soignent les hommes par derrière

Seules ces filles peuvent mettre en déroute

Les égarements robustes qui persévèrent

Dans les croyances qui ne souffrent pas le doute

 

Mais quand l’Aurore aux doigts de rose posera

Sur tes joues diaphanes le philtre tendre

Lorsque tes cils légers Borée lèvera

Vers l’azur éternel où tu luis en son centre

 

Une plénitude infinie envahira

Doucement ton âme pour faire de toi en somme

Cette étoilé sacrée de l’au-delà

Cette déité vivante mère de tous les hommes !

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