Pour compenser les discriminations sordides qui jalonnent la vie des femmes depuis la nuit des temps, le sort hasardeux les dota d’une contrepartie immense : rendre les hommes soit monstrueux – bien qu’ils le soient de nature – soit imbéciles. Pour les malheureuses qu’il déshérita d’emblée de cette bien mince compensation, il en fit l’égide de la perpétuation qui depuis les débuts de l’ère industrielle devint le symbole du conformisme moderne et nécessaire – il leur raccourcit au passage les cheveux. Ce sinistre ministère fut une rédemption hypocrite et planifiée qui réhabilita la femme dans son plus mauvais rôle : devenir la pierre angulaire d’une humanité cannibale qui jusqu’à nos jours se garde bien de leur en savoir grés. Au contraire, en échange des bons et loyaux services offerts aux nations industrieuses, on les érigea en produits juteux issus des voyeurismes frustrés et des copulations hiérarchiques – au service d’une caste d’excités trop occupés à tout saccager : les utopies, les cœurs, les forêts jusqu’aux illusions – rendant par la même occasion aux fumisteries divines des trônes dont l’écume des philosophes et des poètes avaient mis pourtant des siècles à les déboulonner. Il faut rendre grâce à l’ivresse éthérée de ceux et de celles qui plongeant dans la misère assiègent – sans espoir de vaincre – cet empire névrotique, castratoire et systémique.

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