21/02/2015 - 12:46

Il faut savoir mourir

Voilà la grandeur incommensurable d’un homme

Qui laisse le silence pallier aux incongruités de son existence

Vivre ! Pour la plupart confine à l’archétype de la vulgarité

Il faut savoir mourir

21/02/2015 - 12:35

Je vis parmi les ombres et des inconnus habitent chez moi.

Des océans inondés dévalent les murs comme des cataractes sonores qui envahissent mon antre, de la cave au grenier.

Le jour, des murmures oppressants susurrent des litanies étranges, des frasques maudites que je ne déchiffre pas.

Ces ombres glissent vaporeusement le long des poutres et se parent de couleurs chamarrées. Elles prennent des accents ostentatoires et parlent toutes les langues. Elles arpentent une chambre sinistre couleur de bagne sur des rythmes démoniques.

Elles savent frayer en l’épicentre horrible qui abrite une mort unique.

Au loin, en quelques lieux de cette jungle, gémit un perroquet valétudinaire qui se balance frénétiquement sur son rocking chair telle la trotteuse spasmodique d’une horloge détraquée.

Il est amarré au temps et ses glapissements délabrés nourrissent des yeux inadmissibles qui du haut de sa décadence,  s’élancent jusqu’aux cieux tel une tour de Babel en transe.

Ici stagne inéluctablement l’odeur écœurante de l’oppression.

Nul ne la voit, nul ne l’a jamais vu !

L’oiseau vit dans les Enfers emberlificoté de synapses qui l’étranglent. 

Quelques dieux expiatoires l’ont vraisemblablement condamné à vivre pour l’éternité et dans un ultime souci de rédemption, ils lui ont ôté la mémoire, qu’ils se sont empressés de déposer intacte sur les rives désolées du Léthé.

Sa voix stridente raisonne sans cesse au fond de cette vallée perdue et son râle délirant s’apparente à un spasme sibilant.

Les ombres surveillent son appauvrissement, sa disparition progressive. Phorontes qui s’accrochent à une vie aspirée. Elles s’évanouissent et s’endorment sur des linceuls d’immobilité. C’est toute une vie sacrifiée qui titille la mort avec cupidité.

Mauvaise et intolérable surveillance !

Oui, lecteur enhardi, il y a dans mon caveau des ombres qui s’évaporent !

Bien vivantes pourtant et tenaces encore, elles se délitent comme des sucres blafards noyés en des cafés calcinés. Elles revivent ainsi le destin des antiques Pythies condamnées à pourrir au fond d’un gouffre immonde et se doivent, pour seule pénitence, de débiter les salmigondis obscurs qu’un Auguste finissant érige sous le poids de ses encycliques.

Elles furent jadis enlevées à des familles nécessiteuses qui, complices, sacrifiaient souvent un nouveau-né dans le dessein inique de quérir une rente modique, unique commisération de l’Empereur.

Les heures s’éternisent ainsi à donner la becquetée à ce perroquet ventriloque qui n’est pas dupe et qui les insulte à profusion. De son bec catatonique s’éructe des insanités volcaniques dont les coulées sulfuriques traduisent des vérités obscènes.

Mais il n’y a pas de met assez putride pour ces Sabines mérétrices pour qui toute vomissure est une ambroisie exquise. Tandis qu’elles se délectent de ces miasmes livides, je flotte dans les hauteurs tel un spectre atmosphérique trainant ses logorrhées mutiques comme les étoiles la voie lactée.

Ah que mes océans opalins embrassent la fleur hyaline qui ondule langoureusement au gré des vents sulfureux ! Ses mélopées suaves ont sur moi l’effet des azurs benthiques et ses baisers appuyés sont des maelstroms incendiés purifiant mon cœur.

Ils annoncent la nuit qui descend sur un destin violé.

Ah douce nuit que berce ma lune complice, toi l’Atlantide saturnien, qui souligne mon teint acédique et mes promenades suspendues !  Nos parcours vaporeux embrassent nos silences et nos yeux brûlants tapissent chaque mur comme des soupirs cristallisés.

Le silence se fît enfin dans la masure endormie et je pris alors mon envol dans un criaillement lugubre qui dissimulait mal une joie atroce dont la funeste origine m’est  demeurée un mystère à ce jour.

21/02/2015 - 12:11

Il me vient des bruits de la rue.

Des tohu-bohus poissards, des charivaris qui roulent et titubent comme des fanfares désaccordées qui entameraient des roucoulades pochardes.

Des clameurs intrusives violent mon âtre, s’installent sous mes fenêtres, transpercent mes lourdes portes et assiègent violemment mon cœur.

Des cris inaudibles ondulent tels les feuilles d’automne qui chercheraient inexorablement à troubler l’aponie onirique, antre de mes grands yeux éberlués qui absorbent le silence en toute perplexité. Elles aimeraient trouver un interstice joyeux où s’abriter mais leurs ricochets hoquetants peignent en mon miroir des sourires évaporés.

Dans ma nuit pourtant, j’ai vu des chênes hagards lever leurs bras émaciés vers des cieux volcaniques. O revenants des forêts, O esprits séculaires, agitez donc au vent vos baguettes frénétiques et ordonnez aux merles noirs des symphonies spectrales !

Au loin, des freluquets peinturlurés de couleurs criardes s’agitaient comme des épouvantails émasculés. Ils vociféraient leurs éructations ineptes à des passants médusés, soucieux de rattraper un temps qui se délite prestement.

Le chaos était partout !

Le silence tétanisé s’était alangui au souvenir de ses amours passés. Il n’en restait plus que des miettes balayées aux soleils des étés incendiés.

Que la joie soit votre linceul éternel et vos rires, le trousseau de vos flammes !

Moi, je m’en allais le regard mélodique et j’errais sur les trottoirs ruinés comme un spectre aphasique gobant toute cette gabegie vomitive. Des lueurs irisées envahissaient mes prunelles telles des lucioles décapitées qui balbutiaient des parades  syncopées.

En cette heure idéale où la vérité transperce, me revenaient des visions d’un autre temps. Je revoyais le Général des Hommes, ce cher Auguste Sandino, et ses hommages bigarrés de León tapotaient leurs doigts sur ma cervelle cocytique.

Tandis que je descendais les avenues,  il me montait aux yeux des fleuves impassibles.

Vous ne le croiriez sans doute pas, bien entendu, mais cette sérénade sentait bon le souffre du Momotombo et j’apercevais au loin les murs décatis de toute la cité coloniale qui se fissuraient au sang de son orgueilleuse cathédrale.

Oui, je revoyais distinctement son immense chapeau, ses guêpières farouches et ses révolvers triomphants.

Où sont donc passées ces épopées grandiloquentes ?

Etouffées par des pioupious couards qui se sustentent d’oboles étatiques et qui insultent les utopies !

21/02/2015 - 11:56

Les artistes se nourrissent d'un univers qui n'appartient qu'à eux.

Ils inventent des mondes parallèles, tels des enfants, où leurs âmes vagabondent.

Ils ont dans un recoin de leur chambre une porte étroite suspendue entre les murs qu'ils empruntent pour se lover dans le sanctuaire de leur retraite. Un monde de silence, de consolation et de paix où l'agir se veut beauté.

Aimer un artiste, cet être bicéphale qui lorgne sur ces mondes silencieux, c'est avant tout embrasser les vertiges de l'extraordinairité.

Ce n'est pas à la portée de tous de maîtriser ses angoisses et d'encourager les cheminements alternatifs.

En ce sens les artistes gardent avec eux et pour toujours cette insouciance et cette rêverie enfantines.

Ils ont de leur vivant construit une éternité immédiate.

21/02/2015 - 11:30

Jour d’anniversaires

Jour de misères

Pendre le nœud de vipères

Ne plus nourrir cette dérision

 

S’abandonner aux plaisirs éphémères

Boire le calice jusqu’à l’expiation

 

*

 

Jour d’anniversaires

Jour de misères

Fustiger l’albatros solitaire

Abhorrer ce voyageur ailé

 

Le laisser voler par-delà les mers

Bâtir au sang de l’exilé

 

*

 

Jour d’anniversaires

Jour de misères

Rayer le sourire de la terre

Emasculer la fleur

Couvrir le volcan d’une lourde pierre

Oublier l’existence des délicates senteurs

 

*

Jour d’anniversaires

Jour de misères

Assommer l’astre d’un cortège de prières

Lui tailler un costume de vampire

 

Le laisser dans les grottes suspendu à l’envers

Conjurer la fin d’un empire

21/02/2015 - 11:24

Par quel mystère avons-nous perdu le sens de notre finitude ?

Accéder à l’amour et se débarrasser de soi

Oublier d’exister pour vivre la clandestinité

Les néons scintillants ensevelissent les sourires blafards

Rien au monde n’atteint un silence

Le paroxysme immanent de la déréliction

Errer

Humer les langueurs souterraines

S’extasier de désirs vagabonds

Vivre l’insondable orgasme d’un sourire spectral

Partir

Sentir le vent qui enlace la nuit

Réserver son étreinte aux étoiles ancestrales

Mondal, l’infortune du monde, la bête nue !

Une goutte d’eau dans la mer céruléenne

Eradiquer le moindre soubresaut

XIX
20/02/2015 - 16:07

Le bruit est-il l’inexorable de l’existence ?

Sa finitude, sa raison d’être, sa violence ?

La valise fétide fracasse le pavé qui hisse son sourire malingre en souffrance

Cette mise à mort de la nuit est-elle cet épouvantail moderne dont l’unique vocation serait d’effrayer notre destin nucléide ?

Voilà qu’un nuage d’aubépine transporte l’homme silence qui sautille de poussières en étoiles telle la brise irréelle que nul n’embrasse que nul n’étreint

Ce pauvre serpente les rues antiques paré de son invisibilité sanguine

Les vagues n’en finissent plus d’aimer la plage

La nuit pleure ses étoiles

Le soleil darde de ses derniers rayons tendres la ville exténuée

Son visage opalin transperce mes songes hyperboréens

Ce cerbère est bien le dernier sphinx qui a rayé de sa vie l’arrogance de lui trouver un sens

Thaumaturge émollient pinacle de nos effondrements

Soudain le murmure de la source revint

Les parades amoureuses des rossignols ranimèrent le courtil endormi

Un chat noir fébrile planta ses pupilles chatoyantes dans mes yeux brillants

Fixa intensément le temps dans l’espace

Disparut derrière les fleurs des parterres hypnotisées d’avoir supplié les abysses océanes

S’éleva évanescent comme l’escarbille incandescente qui caresse les éthers céruléens

20/02/2015 - 15:54

 

Etranges sont ces êtres qui fuient le silence…

Mon banc s’élance aux rémanences des sourires

 

Les fleurs s’énamouraient au vent léger

La vallée sommeillait en son habit de tendresse

Les chardonnets affutaient leurs aubades cristallines

Les péniches ondulaient au canal mélancolique

Les routes vagabondaient se prenant pour des mirages

 

Le fulmar aémère pointa alors vers Cythère

Emportant en sa ramure l’antique Hellébore

Philtre pour sa languide bergère déjà diaphane

Evanouie au pied de l’Arbre à Myrrhe

 

20/02/2015 - 15:49

Ressac vers mon âtre

Enjamber le Fleuve-Cohue

Croiser des pâtés multicolores

Beuglements barbares qui déflorent

La rue dégoulinante d’inconséquences

 

Lire Violette jusqu’au bout de la nuit

 

Tapi dans la pâleur vespérale

Suspendu au réverbère altier

Se distraire des nimbes stellaires

Humer les poussières de larmes

 

Fleurir le sanctuaire étoilé aux lueurs hésitantes

20/02/2015 - 14:15

Il faut tellement d’amour pour aimer un homme

Que dieu apparut comme une solution idéale

Faisant de notre paradoxalité un dogme

Pétrifiant nos élans d’une névrose sacerdotale