10/09/2015 - 23:36

Ô Babels lumineuses

Vous me voyez ramper tel un cafard

Et quérir l’aumône au hasard

Pour souffrir votre nébuleuse

 

Il est des îles océaniques

Véritables enfers artificiels

Où les courbes empestent le fiel

Des soumissions tyranniques

 

Gesticulations des initiés

Qui s’arrogent les bénéfices

Sans craindre le sacrifice

Des laborieux décapités

 

Vos cathédrales d’illusions

Arrosées de cocaïne

Ferments de vos rapines

Dévoilent vos uniques intentions

 

Reculez au-delà des tropiques

Comme des marées pestiférées

Bannies des plages révoltées

Acculées aux noirceurs benthiques !

21/08/2015 - 02:27

Nous traversons notre temporalité plus ou moins maladroitement nous parant de masques de certitudes – ces assassins en cavale. Ils nous emmurent. C’est tout un carnaval qui se trimballe derrière nos ambitions et nos rues s’emplissent de tintamarres burlesques. C’est toute une cavalcade qui dégouline des murs sanguinolents de nos centres de décision. Des menstruations intarissables irriguent nos avenues. Au milieu du courtil ombragé, un jeune clochard souriait et même riait au tout-venant bercé sans doute d’effluves sensuelles. Ses œillades étaient enfantines et ses caresses oculaires s’entrecoupaient de catalepsies contemplatives. Il fixait je ne sais quel ange, il entendait je ne sais quelle aubade, ses yeux grandioses absorbaient l’océan céleste. Il visitait des songes irisés par le prisme du roucoulement d’une fontaine phallique. Il arpentait les voies lactées de dérision s’amusant au carillon stellaire. Son sourire l’auréolait et dans le même élan l’excluait. Il incarnait dans sa béatitude mutine le miroir dépoli d’une société isolée. Pour ma part, j’écrivais à l’ombre des citronniers qui embrassent la bibliothèque San Peu dans ce qui était autrefois la cour des miracles de Barcelone suspendu aux chants des fauvettes qui s’inspiraient de la mélodie insufflée par ce jeune satellite.

 

21/08/2015 - 01:50

Je ne tolère qu’une seule forme de violence, celle que nous retournons contre nous. Nos doutes détruisent inlassablement notre charisme originaire et seule cette unique violence est capable de transformer notre déchéance en mysticisme. C’est à la lueur de la rage qui jaillit des yeux fauves que nous pouvons mesurer si nous sommes prêts à crever d’une vie glorieuse.

 

21/08/2015 - 01:37

Pour compenser les discriminations sordides qui jalonnent la vie des femmes depuis la nuit des temps, le sort hasardeux les dota d’une contrepartie immense : rendre les hommes soit monstrueux – bien qu’ils le soient de nature – soit imbéciles. Pour les malheureuses qu’il déshérita d’emblée de cette bien mince compensation, il en fit l’égide de la perpétuation qui depuis les débuts de l’ère industrielle devint le symbole du conformisme moderne et nécessaire – il leur raccourcit au passage les cheveux. Ce sinistre ministère fut une rédemption hypocrite et planifiée qui réhabilita la femme dans son plus mauvais rôle : devenir la pierre angulaire d’une humanité cannibale qui jusqu’à nos jours se garde bien de leur en savoir grés. Au contraire, en échange des bons et loyaux services offerts aux nations industrieuses, on les érigea en produits juteux issus des voyeurismes frustrés et des copulations hiérarchiques – au service d’une caste d’excités trop occupés à tout saccager : les utopies, les cœurs, les forêts jusqu’aux illusions – rendant par la même occasion aux fumisteries divines des trônes dont l’écume des philosophes et des poètes avaient mis pourtant des siècles à les déboulonner. Il faut rendre grâce à l’ivresse éthérée de ceux et de celles qui plongeant dans la misère assiègent – sans espoir de vaincre – cet empire névrotique, castratoire et systémique.

16/08/2015 - 17:05

La poésie relève des sciences humaines, aussi surprenant soit-il pour les esprits tributaires des démonstrations cartésiennes. Elle fonde ses raisonnements sur la beauté, l’intuition, la sensualité, la paradoxalité et l’irrationalité enfin bref sur tous ces ingrédients qui font le cœur réprouvé mais authentique de l’humanité. C’est pour cette raison qu’elle approche au plus près de la vérité sous les apparats du sublime. Elle est l’antithèse de toute tiédeur et c’est pourquoi elle est aussi incontournable et inaccessible. Elle prône l’instabilité d’un monde où toute certitude n’est qu’une caricature burlesque de l’objectivité. Elle annonce le règne de la fin des temps et conteste le pouvoir de la raison pour porter l’instinct sur le trône vacillant d’un avenir incertain mais cohérent.

15/08/2015 - 20:16

Je voudrais m’enivrer du parfum des saveurs

Délicates « d’Alcools » aux lueurs élégiaques

Qu’Apollinaire nomma l’excuse des serveurs

Aux rituels abscons aux effets démoniaques

 

Rejoindre les tréfonds délicieux des liqueurs

Berceaux des vérités pudiquement héliaques

Qu’éclairent les soleils obscurs de votre cœur

Eunuques sensuels de vos soupirs orgiaques

 

Oublier un instant les fatuités humaines

Qui portent aux sommets des empires de haine

S’envoler ardemment vers de lointains ailleurs

 

Laissant derrière nous les fats qui fanfaronnent

Dans les déserts grossiers de la testostérone

Où rodent ces chacals voraces d’aboyeurs

01/07/2015 - 23:03

Reviennent les hasards pressentis des voyages intérieurs

Où nos sens viscéraux jettent l’ancre sur des baies tourmentées

Que fuient à jamais les accalmies oubliées

Ces bonheurs étrangers

 

Des lagunes placides et odorantes qui ne veulent plus du silence

Car les frasques du vent et l’incohérence des marées les lacèrent assidûment

Proies des sirènes elles lèchent pourtant du bout des larmes les plages fondatrices

Ces avatars dorés

 

Que de tourments d’écartèlements pour ces joyaux translucides

Bordées d’océans qui se veulent éternels et qui dans un même élan

Effleurent des lèvres les parfums envoûtants des beautés édéniques

Ces mirages éthérés

 

Il est des anses majestueuses dotées de digues altières

Qu’ignorent superbement les albatros insensés

Qui s’enfoncent éperdument

Dans les azurs hypnotiques

Des vortex affamés

08/06/2015 - 23:44

Parcouru des hasards oubliés

Je regarde fleurir l’église de nos souvenirs

Ma mère aimait jadis s’y blottir

Bercée par les murmures délicats

Des artistes qui l’avaient embellie

Et s’endormir seule à la tombée du soir

Se distille alors ma langueur

Au milieu des nuées

Comme la blanche écume se détache

Des marées qui toujours se fracassent

La noirceur la dissimule

Et la solitude la préserve

Elle arbore un grand deuil

Nimbé d’un halo extatique

De celles qui trop inhalent

Les euphories délétères

Des poésies sommitales

19/04/2015 - 23:22

Il me vient des reflets purs de ma rose noire

Lorsqu’alors dans mes yeux hyalins descend le soir

Tréfonds céruléens où s’incrustent mon art

Lunes étranges où gît toute ma mémoire

 

Il me vient des regards durs de ma rose noire

Lorsqu’alors dans mon cœur surgit le maquisard

Et s’abreuve de vers, splendides avatars

D’où je mire le monde en mon observatoire

 

Il me vient des désirs crus de ma rose noire

Lorsqu’alors de mes mains s’échappent du boudoir

Les quatrains assassins, tel le sang des bâtards

Que j’écume la nuit, ivre, en mon promontoire

 

Il me vient des baisers fous de ma rose noire

Lorsqu’enfin dans ma bouche âcre meurt le couard

Et remonte, taquin, en son cher isoloir

Vous regardant d’en haut, seul en sa tour d’ivoire !

21/02/2015 - 13:08

O chacal taciturne au cœur impénétrable

Cupide boutiquier qui va puiser son or

Au fin fond des charniers lugubres de la mort

Le Soleil amoureux fuit votre âme implacable

 

Malandrin carnassier aux talents fallacieux

Vos palais rutilants empestent tant les miasmes

Témoins hallucinés de vos affreux sarcasmes

Reflets acrimonieux des profits pernicieux

 

Fagotin en cols blancs, Sardanapale d’Empire

Ou que vous adoriez le fétide larcin

Ou la minable usure, O vulgaire assassin

Vos trésors suspicieux annoncent le vampire

 

Rien ne peut rassasier votre immonde appétit

Ni l’épouse et l’enfant ni la blanche colombe

Qui gémit à vos pieds, si proche de la tombe

Vous happez sans remords jusqu’aux plus mal lotis

 

Corrégidor hideux, Harpagon d’opérettes

Vous voilà le dédain de tous ces pauvres gens

A qui finalement vous volez tant d’argent

Morne Pantagruel bientôt aux oubliettes

 

Puisse Thémis ouvrir un jour prochain ses yeux

Sur vos malversations, sur vos mesquineries

Sur vos détournements, sur vos truanderies

Et châtier à bon droit le vautour licencieux

 

Enfin si trop gluant vous glissez de ses griffes

Venez la peur, sonnez le glas, venez l’ennui

Glacer votre quiétude et tourmenter vos nuits

Meurs ! Sangsue lubrique, O réal escogriffe !

 

Et ne sentez-vous pas quelques exhalaisons

Putrides gangrener vos coupables armoires

Gâter votre succès, aigrir votre mémoire ?

C’est votre honneur, mon cher, qui gît en son poison !